Dans la peau d’un antisémite

Voire de deux !

C’est l’expérience à laquelle est confrontée chaque lecteur du « Cimetière de Prague » d’Umberto Eco. En effet, le lecteur est invité à se plonger dans la lecture du journal intime de Simon Simonini, personnage antipathique et schizophrène. Il partage son oeuvre et ses idées avec son double l’abbé Dalla Piccola.

Ce livre est un roman historique et à l’exception du double personnage principal tous les autres ont réellement existé ce qui renforce l’impact du livre.

Que penseriez-vous d’un auteur qui écrit un livre sous forme du journal intime de l’auteur des Protocoles des sages de Sion ? Personnellement, je suis passée par deux phases :

  1. La réaction. L’auteur a trouvé une manière d’exprimer ses sentiments. Il en ressort donc une impression très désagréable. La presse italienne a d’ailleurs accusé l’auteur d’antisémitisme (in L’Express du 23 mars 2011). J’avoue l’idée m’a traversé l’esprit surtout dans les premiers chapitres où intervient un certain docteur Froïde et où Simon Simonini avoue n’aimait personne.
  2. La réflexion. L’auteur a trouvé un moyen de montrer que ce faux est plus qu’une exagération mais l’oeuvre d’un fou, complètement obnubilé par son sujet au point qu’il en oublie toute crédibilité et cohérence. Dans ce cas, le lecteur se trouve dans la position du héros de la blague juive du juif qui lit Minute !

Soyons juste, le héros est, aussi et cela n’étonnera personne, contre les francs-maçons et plus surprenant contre les jésuites. Cela permet d’assister à des scènes incroyables de palladisme et de rencontrer un autre faussaires du XIXe Léo Taxil. C’est une plongée à la fois :

  • Dans les services secrets qui n’ont pas grand chose de secret puisque c’est une petit monde et que tout le monde se connait : les informations circulent et les agents sont recommandés l’un à l’autre.
  • Et dans le milieu contestataire voire anarchiste.

Comme d’habitude après un roman historique il est difficile de démêler le vrai du faux. Là, le doute réside surtout sur les liens entre les différents protagonistes. A priori, le Simon Simonini sert justement de liant entre ses différents milieux et les idées, elles, sont bien réelles.

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