Pourquoi la casherout ?

Le 30 janvier, le cours du rabbin Kassabi de Boulogne-Billancourt (sic) était consacré à la casherout et plus particulièrement à ses raisons. Pour faire court, il n’y en a qu’une ! C’est dans la Torah. C’est un h’ok, c’est inexplicable. Et aucune autre justification n’est valable au moins pour le rabbin.

Donc, non la casherout ne se justifie pas parce que ce serait bon pour la santé. De même, il ne retient pas l’hypothèse que ce serait pour retrouver l’idéal végétarien d’avant le Déluge ou approcher celui des temps messianiques.

Pourtant les interdictions alimentaires sont les premières à s’imposer puisqu’Adam ne doit pas goûter le fruit de l’arbre de la connaissance (figue, raisin, cédrat en tout cas pas une pomme). D. empêcherait de jouir de tout. Il limiterait la liberté en instaurant un système de privation. Le statut de peuple choisi se mériterait. Or, les commentateurs sont d’accord pour rappeler qu’au contraire il est bon de Le respecter dans la joie et en étant un bon vivant.

Dans le Talmud de Jérusalem, les propos de Yalta, la femme de Rabbi Nach’man sont rapportés « malheur a l´homme qui a été place sur cette terre et n’a pas profité durant son existence, jusqu’à 120 ans, de tout ce qui était à porter de sa main. » et elle continue en précisant que tout aliment interdit aurait des équivalences « Ainsi, le pis de la vache aurait le même goût que le mélange lait-viande ; celui de la cervelle du chibouta serait celui du porc et le foie remplacerait le sang. »

Le monde a été offert pour profiter. Tout ce qui est licite il faut en profiter. A tel point que le contre exemple parfait est celui du nazir qui de son propre chef décide de se séparer de son apparence (ne pas se couper les cheveux) et d’être abstinent, pendant une période. A la fin de son nazirat, il doit apporter un sacrifice d’expiation (donc pour une faute) car D. ne veut pas des gens qui ne profitent pas, qui s’interdisent plus et pire qui, ce faisant, ne peuvent accomplir des mitsvot (comme le quidouch). De même, il n’est pas bon de multiplier les jours de jeûne. Ainsi, les rabbins n’ajoutent pas de jour de privation. La Torah dit, clairement, non à la souffrance.

Alors, pourquoi la casherout ?

Parcequ’il est  bon de profiter dans un certain cadre. Lorsque vous mangerez en respectant les règles vous sentirez la sanctification. Et les rabbins rappellent la dimension symbolique des aliments. Les écailles et les nageoires symbolisent ce que nous devons être parmi les nations :

  • Les écailles  c’est la protection. Tu dois faire attention à ce qui est autour de toi. Il faut développer les valeurs juives.
  • Les nageoires permettent d’avancer, d’aller vers l’autre. Le juif doit s’intéresser à la société.

Le juif est à la recherche de l’équilibre entre aller vers l’autre et rester avec ses coreligionnaires comme le rappelle cette phrase « Vous serez pour moi un trésor / une protection (défoula) et tu diffuseras tes valeurs au monde ».

Le meilleur exemple de poisson serait Joseph. Il a vécu 17 ans chez son père, il est vendu et malgré ses vingt-deux ans d’épreuves, à 39 ans il est vice-roi d’Egypte. Et il est appelé Joseph le Juste. Il garde son identité et gère le monde.

Pour les animaux de la terre les explications ne manquent pas non plus :

  • Le côté ruminant rappelle la réflexion. Ils avalent et une fois à l’abri ils mâchent. Dans un monde d’actions, il est conseillé d’être comme la vache, de prendre le temps de revenir dessus, de remettre en question ses habitudes.
  • Les sabots fendus laissent sur le sol une marque très particulière. L’action doit laisser des traces. Il ne faut pas avoir peur.
  • Selon la Guemara, le porc représente l’hypocrite qui tend son sabot fendu pour faire croire qu’il est casher alors qu’il ne rumine pas. Il ne faut pas faire semblant.

La casherout c’est le dilemme du juif et du porc-épic. Ce dernier n’aime pas le froid et il souffre en hiver. Alors il se rapproche de ses congénères mais il se fait piquer et s’éloigne et a froid … Le juif doit vivre dans la société et préserver son identité. Lorsqu’on mange, il y a une connexion constante avec D.

Peut-être que le cours prochain, le rabbin parlera du vin casher !

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