Un week-end pour apprendre, le dimanche matin

Le dimanche, Delphine Horvilleur Delphine Horvilleur entamait la journée avec « L’affaire Berouria ». Cette femme particulière est une anomalie.

Tout commence bien. Elle étudiait la michna, la halacha. Elle enseignait aux hommes et son prénom est cité dans le Talmud de Babylone alors qu’elle aurait pu rester la fille de rabbi Ganina ben Tardayon ou la femme de rabbi Meïr. Elle est nommée dans la Tossephta (écrits premichnaiques). Elle est vantée par rabbi Yohanan pour son érudition et sa faculté d’apprentissage. Elle donne des leçons à son mari. En particulier, un jour que son mari demande l’anéantissement de ses voisins qui semblent être particulièrement peu respectueux. Elle intervient pour demander la disparition des péchés et non des pêcheurs. Elle enseigne la miséricorde.

C’est elle qui annonce subtilement à rabbi Meïr la mort de leurs deux enfants. Une autre histoire célèbre où elle intervient et celle la mettant en scène avec rabbi Yossi Aguili qui énonce dans les Maximes des pères (1 ; 5) « Ne multiplie pas les conversations avec la femme. ». Or un jour, il croise Berouria et la conversation s’engage abruptement. Il lui demande par quel chemin allons-nous à Lod. Berouria ne se démonte pas et lui démontre que sa phrase est trop longue et qu’il aurait du lui dire où est Lod. Bref, elle lui apprend à bien interpréter ses propos et elle lui indique la direction donc qu’il a besoin d’elle !

Pourquoi les sages ont gardé Berouria ? Est-ce une pure invention littéraire ou un fantasme rabbinique ?

Elle reste une lumière positive jusqu’à un commentaire de Rachi dans le traité sur l’idolâtrie (Avoda Zara 18a). Il est question de sa sœur prostituée. Rabbi Meir est invité à sauver sa belle-sœur en se faisant passer pour un client. Et ça se passe mal « à cause des agissements de Berouria ». Il semble que cela fasse référence à un jour où elle s’est moquée d’un principe de la Michna disant que l’esprit des femmes est léger. Son mari lui répond que sa fin confirmera son principe et en effet, un étudiant, envoyé par son mari, courtise Brouria qui faute et se pend. Tragique fin !

Or Rachi avait des filles érudites et habituellement il cite ses sources. Or pour ce récit, il n’y en a aucune. De plus, la guemara n’explique pas ces agissements de Berouria.

Même les Tossaphot ne font pas de commentaire sur ce récit de leur maître.

Au 14e siècle ce commentaire ressort, le contexte le permet particulièrement puisque pour les père de l’Eglise la femme incarne le péché et que la faute originelle est féminine et surtout que la dépravation à caractère sexuel (la belle-soeur et la chute) sont les pires péchés de l’époque. Or, il se peut que ce commentaire ait été inséré par erreur dans les textes de Rachi. Le Talmud n’est pas méfiant à l’égard des femmes mais le Moyen-Âge oui (et certains commentateurs aussi).

De même, dans la Bible les femmes amènent le changement parfois violemment.

La présence des femmes dans la maison d’études est-elle subversive ?

Il semblerait bien que oui car elles questionnent sur le contexte, l’historicité et souvent proposent des idées subversives. Et la rabbin de rappeler qu’il faut accepter la subversion pour éviter la perversion.

Ensuite, il était possible de s’initier à la danse Bollywood !

J’aurais aimé vous retracer le cours d’Eddy Lévy sur « Un épisode de la résistance juive à Ionnina (Grèce) » mais je n’ai pas tout suivi. Je peux juste vous dire que dans cette ville grecque à la frontière albanaise, vivaient les juifs romaniotes et que l’armée grecque a rendu hommage au capitaine Mordechaï Frézis (1893-1940).

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