Pas vu pas pris

Qui n’a pas rêvé d’être un héros de roman et de faire des choses assez extraordinaires pour mériter une biographie ?

Avec une biographie « Une éminence grise » par Pierre Assouline (1986), au moins trois romans par son fils, Pascal, « La guerre à neuf ans » (1975), le « Nain jaune » (1978) et « La Bête à Bon Dieu » (1980 avec préface de François Mitterand p45) et un troisième de son petit-fils, Alexandre, « Des gens très bien » (2010) Jean Jardin est au-moins un personnage dont la littérature gardera une trace.

De Jean Jardin, je n’aurais pu rien savoir mais voilà J’ose veut organiser un café littéraire avec Alexandre Jardin. Enthousiasme, Alexandre Jardin c’est l’auteur de « Fanfan », de « L’île des Gauchers » ou du Zèbre, de la déraison et de l’amour grand à conquérir toujours. C’est aussi l’auteur du roman « Des gens très bien » dont le thème est plus en rapport avec l’association. Soit !

Et c’est ainsi que j’ai découvert Jean Jardin (1904-1976), directeur de cabinet de Pierre Laval à partir de mai 1942. C’est lui qui a choisi le poste « Contre l’avis de ses proches […]. Par défi et goût du risque. » et malgré les avertissements de certains « Laval, c’est un collabo, vous ne savez pas où vous mettez les pieds… »

Au delà de la biographie, ce qui est intéressant après avoir lu quatre livre sur le même sujet c’est de découvrir les échos (évidemment les mêmes évènements sont racontés) et les précautions stylistiques prises pour décrire ce personnage qui n’aura cessé, entre 1939 et 1976, d’être derrière les hommes politiques ou les entrepreneurs pour favoriser les rencontres et faciliter la signature de contrat.

Toujours à droite avec comme ennemi les communistes, il connaissait non pas du monde mais tout le monde. Et surtout ses capacités de mise en relation ont été reconnues par tout le monde en dépit de sa participation au gouvernement de Vichy. Il n’a donc pas été pendu contrairement à ce que lui prédisait en 1943 son ami Raoul Dautry.

Si les livres des fils et petit-fils sont bien à chercher dans le rayon roman, la biographie de Pierre Assouline est bien un essai historique. C’est un document désagréable qui ne rend pas vraiment le personnage sympathique même si ces actions louables sont grandement détaillées. Ainsi il facilite certains voyages de résistants vers Alger et en finance même certains, il cache Robert Aron à Charmeil (où il reçoit Rahn ou Coco Chanel). L’auteur s’attache à faire des classements pour le moins ambigus entre collaborateurs vichystes et collaborationnistes parisiens. Les seconds étant, bien sûr, les pires auxquels n’appartient, évidemment, pas Jean Jardin.

Enfin, ce que le lecteur y apprend c’est que Jean Jardin n’est pas le seul à avoir réussi son après-guerre. Bonne lecture …

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