Un roman japonais

Pour une fois que je choisis un roman japonais, je tombe sur un roman au style très original « Les cours particuliers du professeur Tadano ». Le quatrième de couverture était plutôt tentant « chacun en prend pour ses diplômes dans ce roman, une désopilante satire des milieux universitaires japonais ».

Le héros  est professeur dans une université japonaise et donne des cours d’histoire de littérature américaine et il assure une conférence sur la critique littéraire dans une autre. Une des particularités du roman est que chaque chapitre reprend in extenso une des conférences, ce qui donne dans l’ordre : la critique impressionniste, la nouvelle critique, le formalisme russe, la phénoménologie, l’herméneutique, la théorie de la réception, la sémiotique, le structuralisme et le poststructuralisme. Rien n’oblige à les lire ! Mais si le lecteur les saute, il passe à côté des passages où l’auteur se cite !

Outre le fait que les vrais cours sont donc inclus dans le livre et que comme les étudiants le lecteur est invité à se plonger dans les œuvres de Roland Barthes ou d’un autre, chaque cours est ponctué de notes sur les auteurs cités et comme ces notes sont destinées aussi bien aux lecteurs japonais qui ne connaîtraient pas Marcel Proust qu’aux lecteurs européens qui ignoreraient qui est Jun’ichirô Tanizaki, elles sont très nombreuses et peuvent atteindre la moitié de la page.

Sinon, cette satire évoque « Stupeurs et tremblements » à la différence près que ce serait une satire de l’intérieur où l’étranger découvre avec stupéfaction : le mépris du milieu universitaire envers le milieu médiatique ce qui ne manque pas de poser quelques problèmes à notre héros qui est, sous pseudonyme, un auteur à succès ; la hiérarchie entre sous-assistant, assistant, lecteur, maître de conférence, professeur, doyen,  et la corruption pour passer d’un niveau à l’autre. Il y a aussi des particularités, à plusieurs reprises l’auteur fait pisser dans leur froc ses personnages et il se croit obliger d’ajouter à deux reprises des scènes de genre avec décapitation !

Un autre élément marquant de ce roman paru en 1987 au Japon et traduit en 1996 est la place que tient le SIDA et l’homosexualité. Cela aboutit à des scènes surréalistes d’hygiénisme.

Une lecture dépaysante.

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